Ici, la femme à barbe représente la féminité dans ce qu’elle a de mystérieux, de répulsif et d’attractif à la fois ; forme d’indépendance, on ne peut ni la maîtriser ni la mettre dans une case. Elle s’approprie un attribut masculin, la barbe, avec son corps à elle de femme.

Elle peut tout dire tout faire car elle est hors du monde des conventions, elle renoue avec des choses anciennes qu’elle laisse remonter à la surface ; folie ou extrême lucidité.

Eloge du poil, de l’inutile, d’une forme de sauvagerie.
Cette femme-là donne vie joyeusement à des choses mortes, des crânes d’animaux, des coquilles vides, des jaunes d’œufs, des choses qu’on jette après l’usage. Discussions ventriloques entre un crâne de bélier, un crâne de blaireau et une tête de femme à barbe, tous trois posés sur une table, sans corps. La tête humaine coupée de son corps, de la perception physique, comme dans nos sociétés occidentales. La ventriloquie permettant de jouer à faire entendre différentes voix : celle qui relève de l’illusion, et puis sa voix intérieure, celle qui  raconte des choses enfouies et qui habituellement ne sort pas.

Le personnage de blaireau, bouffon, en relation directe avec le public, se moque avec liberté, riant de ses propres blagues, se montrant pathétique. Le personnage de bélier est cultivé, professoral, il nous invite à nous couper les veines afin d’observer et de savourer chaque étape de notre propre pourrissement.

Quand la femme à barbe manipule des objets et jongle alors c’est le corps qui raconte, qui se meut avec adresse, des équilibres d’objets - bambous, jaunes d’œufs - à l’usage des pieds telles des mains.

Ces personnages ont dépassé l’état fébrile de la condition humaine, ils nous parlent de choses lointaines et oubliées qui sont tout au fond de nos tripes donc terriblement contemporaines.

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